Plus connu sous le nom d’AssemblĂ©e nationale, ce bel hĂ´tel dont les beaux jardins descendent en terrasses jusqu’Ă le Seine appartenait Ă de la duchesse de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan. Construit en 1722 par l’architecte Italien Giardini, l’hĂ´tel fut rachetĂ© par la Couronne en 1756 pour l’intĂ©grer dans l’amĂ©nagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde). Il fut considĂ©rablement agrandi par le prince de CondĂ©, petit-fils de la duchesse qui le racheta en 1784 Ă Louis XVI. ConfisquĂ© sous la rĂ©volution, le Palais Bourbon devint propriĂ©tĂ© nationale en 1790 et fut affectĂ© au conseil des Cinq-Cents en 1791: il devient alors Maison de la RĂ©volution et une salle des sĂ©ances est construite. Depuis la sĂ©ance inaugurale du 21 janvier 1798 ( jour anniversaire de la mort de Louis XVI) et ou le Conseil des Cinq-cents tint sa première sĂ©ance les dĂ©signations de ce qui est aujourd’hui l’assemblĂ©e nationale furent multiples: Corps lĂ©gislatifs sous l’Empire, Chambre des dĂ©putĂ©s pour la Restauration et la troisième rĂ©publique. Celle d’AssemblĂ©e nationale, choisie dans la ferveur de 1789, ne rĂ©apparaĂ®tra (si l’on excepte la brève parenthèse de 1848) qu’en 1946. En 200 ans le Palais Bourbon est devenu un haut lieu symbolique de la dĂ©mocratie.

[streetview width= »100% » height= »250px » lat= »48.862883″ lng= »2.319221999999968″ heading= »202.06451612903228″ pitch= »5.806451612903224″ zoom= »1″][/streetview]
Face Ă la Concorde, s’Ă©lève le Palais Bourbon, siège de l’AssemblĂ©e nationale. Sur cette facade de style antique, le portique Ă un fronton allĂ©gorique est sculptĂ© par Cortot en 1842. Sur des socles les statues de Minerve (par Houdon) et de ThĂ©mis (par Roland) dominent celles au premier plan de Sully, Colbert, d’Aguesseau et du chancelier de L’Hospital. Aux Murs des Ailes, deux bas reliefs allĂ©goriques sont dus Ă Rude ( Adroite) et Ă Pradier (Ă gauche). Dans ce palais 577 dĂ©putĂ©s sont Ă©lus pour une pĂ©riode de cinq ans par le peuple, mais le prĂ©sident peut dissoudre l’AssemblĂ©e nationale. Comme les sĂ©nateurs ( qui siègent au SĂ©nat – Palais du Luxembourg), les dĂ©putĂ©s ont un double rĂ´le: surveiller l’action du gouvernement qui doit rĂ©pondre Ă leurs questions Ă©crites ou orales, et de voter les lois.



Le Palais Bourbon est un des monuments les plus connus des Parisiens qui le dĂ©signe rarement sous son nom primitif, ou l’appellent encore quelquefois le Corps lĂ©gislatif, mais la façade principale de l’AssemblĂ©e nationale est devenue secondaire depuis qu’Ă la place de l’ancienne terrasse du bord de l’eau, si charmante d’après les gravures du XVIIIème siècle, NapolĂ©on Ier fit construire par Poyet le grandiose placage d’architecture aux douze colonnes qui fit face au pont de la Concorde. Au fronton, Cortot y sculpta un large bas-relief dont la France, entourĂ©e de divinitĂ©s qui font sa force, occupe le centre. Au bas du perron, groupĂ©es deux Ă deux de chaque cĂ´tĂ© de la façade se dressent les statues quelques peu massives de Sully et du chancelier de L’Hospital, de Colbert et d’Aguesseau. Paris-Atlas Fernand Bournon.

Parmi les nombreuses salles ornĂ©es de tableaux et de sculptures, on retiendra la salle des Pas Perdus, la salle des SĂ©ances et surtout la très belle bibliothèque, magnifiquement dĂ©corĂ©e de 1838 Ă 1847, par Eugène Delacroix qui y a retracĂ© l’histoire de la civilisation. Le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale dirige les dĂ©bats depuis l’ancien bureau du Conseil des Cinq-Cents (le perchoir). C’est par rapport Ă lui que les travĂ©es de l’hĂ©micycle sont rĂ©parties entre les groupe politiques, de sorte que le public voit la « gauche » siĂ©ger Ă droite et vice verca. Le gouvernement est toujours reprĂ©sentĂ©e au premier rang, devant la tribune ou se succèdent les orateurs.

La salle des sĂ©ances actuelle fut Ă©difiĂ©e par Joly de 1828 Ă 1832 Ă l’emplacement mĂŞme de l’ancien hĂ©micycle des Cinq-Cents. L’hĂ©micycle est entourĂ©e d’une colonnade de marbre Ă chapiteaux rehaussĂ©s d’or. Au-dessus des colonnes et Ă l’attique des figures allĂ©goriques reprĂ©sentent la Force, la Justice, la Prudence et l’Eloquence. C’est par la Salle des Pas perdus que le prĂ©sident de l’assemblĂ©e nationale entre dans l’hĂ©micycle escortĂ© de gardes rĂ©publicains. Journalistes et parlementaires ont coutume de s’y rencontrer. La bibliothèque que vous pouvez aussi voir dans les galeries de cartes suivantes fut inaugurĂ©e en 1832 et conserve 700000 volumes dont de très rares manuscrits dont les minutes du procès de Jeanne d’Arc et le manuscrits des Confessions de Jean-Jacques Rousseau. La bibliothèque est ornĂ©e de peintures d’Eugène Delacroix ( voir galerie) reprĂ©sentant l’histoire antique, du mythe d’OrphĂ©e Ă l’Invasion des Huns, et les disciplines intellectuelles. Comme il l’a notĂ© lui mĂŞme, les sujets des peintures « ont rapport Ă la philosophie, Ă l’histoire, Ă l’histoire naturelle, Ă la lĂ©gislation, Ă l’Ă©loquence, Ă la littĂ©rature, Ă la poĂ©sie et mĂŞme Ă la thĂ©ologie ». Delacroix acheva en 1847 cette immense composition, dont on a pu dire qu’elle Ă©tait une chapelle Sixtine Française.
Cartes postales de l’AssemblĂ©e nationale:
Cartes postales de diffĂ©rentes peintures qui ornent l’AssemblĂ©e nationale ( dont la bibliothèque):
Si cet article sur Le palais Bourbon vous a plu, pourquoi ne pas le partager:
votre photo intitulĂ©e salle des seances de l’Assemblee nationale represente la salle des seances du congres de Versailles
meme si l’assemblee y a tenu des seances l’article qui figure en dessous ne dĂ©crit pas la salle du congres mais bien la salle du Palais Bourbon Ă Paris, il y a donc anachronisme entre le texte et l’image
cordialement
AJ