Fluctuat Nec Mergitur.

Quels mots résument mieux Paris que sa devise latine: « fluctuat nec mergitur »:

Il tangue mais ne coule pas.

La cité Parisienne est née et s’est étendue grâce aux eaux de la Seine. Les eaux de la Seine sont la colonne vertébrale de Paris et ou histoire Parisienne et histoire de France ont bourlingués côté à côte. On retrouve d’ailleurs les armes de Paris ornant la clef de voûte de l’arche du Pont Alexandre III enjambant la Seine. L’endroit est merveilleusement choisi. Cette devise fait directement référence à la nef représenté sur le blason et qui est le symbole de la puissante corporation de marchands bateliers (les Nautes), qui gérait la ville au Moyen Âge. Ce n’est que le 24 novembre 1853 par arrêté, que M. le baron Haussmann alors préfet de la Seine, officialise cette devise vieille du XVIème siècle mais qui n’a jamais fait l’objet par le passé d’une adoption définitive.

Devise de Paris: Fluctuat Nec Mergitur sur carte postale ancienne de Paris.

Les Armes de Paris sur carte postale gaufrée daté du 16 mars 1902.
Heraldique: « De gueules à la nef équipée et habillée d’argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d’azur semé de fleurs de lys d’or. »

 

Les armoiries de la ville de Paris au recto d'une carte postale.

Les Armes de Paris sur le verso d’une carte postale de 1903.

 

En ce début de XXème siècle les passants pouvait voir ce blason rue de l’estrapade:

Blason de Paris et fontaine Wallace dite en applique.
Le Blason de Paris rue de l'estrapade.

Mais sur cette vue Streetview ci-dessous le mur d’enceinte a disparu. Ou le blason est t’il passé? La rue de l’Estrapade suit le tracé historique de l’enceinte de Philippe Auguste et doit son nom au supplice de l’estrapade infligé aux voleurs et qui consistait à leur lier les mains dans le dos, les hisser en haut d’un poteau et enfin de les lâcher. On peut voir aussi sur cette carte postale une fontaine Wallace de type applique. Vous pouvez encore trouver un exemplaire de fontaine Wallace du type « applique » à l’angle des rues Geoffroy et Cuvier.

D’où vient ce mot : la Seine? Du celtique, dit-on : squan, serpent; sin-ane, la lente rivière; sôgh-ane, la paisible rivière; les Romains l’ont latinisé, selon leur usage, et en ont fait Sequana. A-t-elle été une divinité? On pourrait le croire, puisque le Tibre fut un dieu. Ceux qui la possédaient et en avaient la navigation exclusive étaient de grands personnages, les plus riches et les plus considérables de la cité; il y a longtemps que les nautes ont fait parler d’eux, et le plus ancien monument de Paris leur appartient. Lorsque dans l’année 1711 Louis XIV fit changer le maître-autel de Notre-Dame, dans les fouilles qu’on opéra au milieu du chœur de la vieille basilique, on rencontra les débris d’un autel élevé autrefois par nos pères; sur une de ses faces, on lisait et on peut lire encore au musée de Cluny : TIB. CÆSARE AUG. JOVI OPTUMO MAXSUMO… M. NAUTÆ PARISIACI PUBLICE POSIERUNT; sous Tibère César Auguste, à Jupiter très bon, très grand, les navigateurs parisiens publiquement consacrèrent… Ces nautœ, désignés plus tard sous le nom de mercatores aquœ, furent la souche de notre administration municipale; ils furent la hanse. Leur chef, d’abord prévôt de la marchandise d’eau, devient prévôt des marchands, puis maire de Paris et enfin préfet de la Seine. C’est à cette origine beaucoup plus qu’à la forme problématique de l’île de la Cité, qui jadis était composée de trois îles, qu’il faut attribuer les armes de Paris, le vaisseau et la devise : fluctuat nec mergitur. C’est donc de la Seine qu’est née, la ville qui est encore plus la capitale du monde que celle de la France.

La Seine à Paris. Maxime du Camp Revue des Deux Mondes T.72, 1867

Si cet article « Fluctuat Nec Mergitur » vous a plu, pourquoi ne pas le partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *