In Vino Veritas.

Le vin, boisson « hygiénique » de ce début de XXème siècle. L’homme que nous voyons sur la carte postale en était surement persuadé, la bouteille de vin que nous y voyons est vide, plus une goutte. A moins que cet homme, ivrogne de surcroit, tenait à vérifier ce proverbe: « Avec des si on mettrait Paris en bouteille ». Dès la fin du XIX siècle de nombreux médecins déconseillent l’abus de consommation du vin. M. Lancereaux, Médecin des hopitaux de Paris et membre de l’académie de médecine présente le 7 septembre 1897 un travail dans lequel il a cherché à démontrer que la cirrhose du foie était surtout la conséquence de cette boisson.

Litronneur avec sa bouteille de vin.
Ivrogne tenant sa bouteille de vin vide d'une main et se raccrochant à un lampadaire de l'autre.

 

L’ivrogne et la bouteille vide.
Un ivrogne à l’oeil terne, à la face livide,
Sur le pavé brisait une bouteille vide.
« Mon crime, quel est-il ? » demandait-elle en vain.
Son crime, hélas! c’était de n’avoir plus de vin.
Fable en quatrain par Henri Dottin,  1840

Malgré cela le vin est classé dans les boissons dites « hygiéniques » et le 29 décembre 1897 une loi abaisse les droits d’octroi pour cette catégorie de boissons. N’oublions pas que Louis Pasteur à dit: « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». A cette époque en effet la qualité de l’eau à certains endroits était d’autant plus souvent polluée qu’il n’y avait pas de stations de traitement et d’épuration comme aujourd’hui.  Avec cette loi les communes ne peuvent plus percevoir de droits d’entrée trop élevés pour un breuvage considéré sain pour la santé, comme le vin. Les viticulteurs, puissamment organisés en groupe de pression auprès des parlementaires, veillent à ce que ce texte ne soit pas abrogé. La consommation de vin peut s’envoler, en témoigne ces quelques lignes tirés du Quotidien Le Petit Parisien du 20 juin 1903:

VIVE LE VIN. D’après les relevés de l’octroi, en 1887, la moyenne de la consommation du vin pour chaque Parisien était de 186 litres. En 1897 elle n’avait pas dépassé 197 litres mais, en 1901, elle s’est élevée à 268 litres. Or, l’augmentation est encore plus forte pour 1902. N’est-ce pas un beau résultat à opposer aux efforts des ligues antifrançaises qui déconseillent le vin au lieu de le chanter et proclamer en prose, en vers et en dessins, comme le font si intelligemment les propriétaires du vin tonique  » Dubonnet « .

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