Le charmeur d’oiseaux.

On peux les voir partout, ils filent dans le ciel, se posent sur les toits et picorent sur le sol. Ce sont les oiseaux de la ville.  Ces oiseaux n’ont jamais déserté le ciel de Paris. Un homme au début du XXème siècle arrivait même à les charmer. Cet charmeur d’oiseaux s’appelait monsieur Henry Pol qui faisait étalage de son art de charmeur aux jardins des Tuileries.  Les quelques lignes suivante sont tiré du Petit journal illustré du 22 janvier 1911: « Tous les parisiens, et tous les étrangers qui traversent notre capitale, connaissent M. Henry Pol, cet excellent homme qui, en dépit de ses 75 ans, vient tous les matins et tous les après-midi apporter des mies de pain aux oiseaux des Tuileries. On les découvrent en traversant le jardin au milieu d’un groupe de curieux. Des pigeons irrespectueux viennent se poser sur son épaule; des moineaux impudents s’installent sur son chapeau. A chacun, il a donné un nom. Voici le « Kroumir », voici le « Danseur », « Marie Stuart », « Robert Macaire »; il les connait tous et tous le connaissent. Quand il arrive au jardin, une centaine d’oiseaux lui font escorte et, le banquet terminé, quand il quitte la place, toute sa petite famille l’accompagne. La tâche de charmer les oiseaux, que s’est donnée M. Pol, exige non seulement une patience et une douceur infinies, mais encore un sentiment très vif de la psychologie animale. Il faut comprendre que les oiseaux pour s’en faire aimer, pour leur parler un langage qu’ils puissent entendre. M. Pol y réussit à merveille. »

Paris- Le charmeur d'oiseaux aux Tuileries.
Henry Pol, le charmeur d'oiseaux aux Tuileries.

 

Ceci te représente un type des plus connus de la rive droite – que de badauds, hein? Il est vrai que c’est merveilleux ce qu’il arrive a faire. Peux t’on lire sur cette carte postale du 7 janvier 1902. Les flâneurs s’arrêtent pour regarder Henry Pol, le charmeur d’oiseaux, qui se tient sur le gazon à côté des Lauriers, tandis que les pigeons sautillent à ses pieds, ramassant les miettes qu’il laisse tomber, ou se posent sur sa tête et ses épaules, et que les moineaux, voltigeant en l’air, viennent becquetter dans sa main le morceau de pain qu’il leur tend. Alors qu’au début de ce siècle les « pierrots », ces moineaux domestiques se nourrissaient du crottin riche en graine de chevaux ceux-ci ce sont aujourd’hui rabattu sur les trains dans les gares afin de manger les débris d’insectes accumulés à l’avant des motrices.

Le charmeur d'oiseaux - Le Banquet des moineaux.
Paris - Le banquet des moineaux.

 

Dans un parc, dans l’espace, au sein de la nature
Les moineaux, à leur nom, vont chercher la pature;
Aussi, pour le public le spectacle est charmants,
Il s’adresse à l’esprit, au coeur, au sentiment!
H. Pol


Le charmeur d'oiseaux - Ernest et Balandard.
Le charmeur d'oiseaux - Ernest et Balandard.

 

Ernest est plein d’audace et jusque dans ma bouche
Vient prendre les morceaux, pendant que Balandard,
Perché sur l’autre main, jette un regard farouche,
Craignat avec raison qu’il ne mange sa part.!!! H. Pol

 

LE RETOUR DU CHARMEUR: M. Pol, le charmeur d’oiseaux des Tuileries, est revenu à ses petits amis après une absence motivée par l’opération de la cataracte qu’il vient de subir. Les moineaux francs des Tuileries voletaient tristement parmi les plates-bandes défleuries en songeant à leur vieil ami. L’un d’eux qui discourait sans trêve ( C’était sans doute un député ) affirmait qu’il était en grève, étant un ancien P. T. T. Mais soudain sur la terre nue ils découvrent ( rêve exaucé ) sa silhouette bien connue et son chapeau mou cabossé. Alors, le plus ancien en tête, la troupe entière prend son vol et gentiment vient faire fête au sympathique père Pol. Et les petits oiseaux fidèles qui voudraient crier leur bonheur, avec de gais battements d’ailes lui font une garde d’honneur. Tandis que les pierrots sautillent, le doux vieillard se sent heureux et deux grosses larmes scintillent au coin de ses yeux douloureux. X. Granier Tiré du périodique Le Gaulois du Jeudi 01 Février 1912.

Le charmeur d'oiseaux - La cocotte Valentine.
Le charmeur d'oiseaux - La cocotte Valentine.

 

Sous mon poing la Cocotte est d’une extrême audace
C’est en vain que je crie, en vain que je menace ! H. Pol

Rappelons qu’il est interdit de nourrir les pigeons et autres oiseaux dans les parcs et espaces publics, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros. (article 120 du règlement sanitaire départemental) Il est également recommandé d’éviter de provoquer des attroupements d’oiseaux autour de soi, et pour des raisons sanitaire de ne pas toucher les oiseaux trouvés morts à mains nues.  Nourrir les pigeons n’est pas, comme beaucoup le pensent, une action généreuse. Cette pratique ne fait que favoriser la prolifération de ces volatiles qui, du fait de leur surnombre, finissent par vivre dans des conditions sanitaires déplorables.

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