La basilique du Sacré-Coeur.

La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre est dite du « Vœu principal ». Elle fut entièrement financé par des deniers privés. Située au sommet de la butte Montmartre à 129 mètres au-dessus du niveau de la mer et surplombant la ville de Paris la basilique fut donc payé par les catholiques qui voulurent remercier Dieu d’avoir préservé Paris de la commune en 1871. Une souscription donnait le droit à un morceau de pierre de la basilique. Près de quarante-six millions de francs seront récoltés en un demi-siècle par les dons de près de dix millions de fidèles. Les noms de ces fidèles donateurs se retrouveront gravés dans les  blocs de pierre qui serviront à la construction de la basilique du Sacré-coeur.  Le 23 juillet 1873 les députés à l’Assemblée nationale déclare le projet d’utilité publique par 393 voix contre 164. L’architecte est Paul Abadie; le plan de l’église, de style romano-byzantin, est inspiré de l’église Saint-Front, de Périgueux. La première pierre a été posée le 16 juin 1875 et la basilique du Sacré-Coeur fut inauguré en 1885.

La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre.
Entrée de la basilique du Sacré-Coeur.

Lors de la cérémonie de pose de la première pierre, Rohault de Fleury, riche bourgeois parisiens très pieux  à l’origine du projet fit explicitement le lien entre la commune et le choix d’ériger la basilique du Sacré-Coeur sur la colline de Montmartre:

Oui, c’est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément Thomas et Lecomte, que s’élévera l’église du Sacré-Coeur! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l’Eglise semblait surtout animer.

Carte postale de la basilique du Sacré-Coeur.
La basilique du Sacré-Coeur en travaux.

Trois architectes se relayèrent sur le chantier. Paul Abadie, Hervé Rauline et Lucien Magne. Commencés en 1876 les travaux ne se terminèront que quarante ans plus tard en 1914. Consacré en 1919 après la fin de la Première Guerre mondiale le Sacré-Coeur mesure 100 mètre de long pour 50 de large. La basilique est en forme de croix grecque, ornée de quatre coupoles. Le dôme mesure 89 mètres et le campanile 94 mètres.

Le campanile du Sacré-Coeur de Montmartre.
La basilique du Sacré-Coeur - Le campanile.

Cette immense tour carrée servant de clocher qu’on nomme le campanile renferme, entre autres cloches, la plus grosse cloche de France: la « Savoyarde ». Elle pèse 19 tonnes, soit le poids de trois éléphants. Son battant quant à lui pèse 580kg. La cloche fut offerte par la Savoie en 1895. Fondue à Annecy en 1895 par les frères Paccard, elle fut conduite jusqu’à la basilique par vingt-huit chevaux. La Savoyarde arriva sur le Mont des Martyrs le 16 octobre 1895, ce qui fut un événement parisien. Quand on fait l’ascension du dôme, on peut découvrir par temps clair, le panorama Parisien qui s’étend alors sur un rayon de 50 kilomètres. C’est  le point le plus élevé de Paris après la Tour Eiffel.

Carte postale multivues de la basilique du Sacré-coeur.
Du Sacré-Coeur de Montmartre je vous envoie ce souvenir.

Ce projet fut pourtant l’objet d’une âpre controverse lorsqu’il fut édifié: ses opposants l’appelaient « la grosse meringue » et lui reprochaient d’abîmer le site de Montmartre. Le Sacré-Coeur est pourtant aujourd’hui est des monuments phare de la capitale. De style « romano-byzantin » le Sacré-Coeur arrête le regard en raison de sa blancheur toujours éclatante. Ce style contraste avec les églises du moyen-age comme par exemple le style gothique de Notre-dame de Paris. Cette blancheur est due à sa pierre qui a la propriété de secréter une substance blanche au contact de la pluie. Il s’agit du calcaire de Chateau-Landon (ou pierre de Souppes). Les fondations, dans un sol miné de carrières, ont demandé 83 puits profonds de 33 mètres remplis de ciment pour palier l’instabilité du terrain affaibli par la présence de carrières de gypse dans ses profondeurs. D’aucuns prétendent que c’est la basilique qui soutient la butte et non l’inverse.

Le funiculaire qui monte a la basilique du Sacré-Coeur.
Paris la butte Montmartre - Le funiculaire qui monte a la basilique.

Terre prédestinée aux Dieux, Mont prophétique,
Mont des Martyrs; tu vis régner, sur ta hauteur,
Mars sanglant; mais Jésus,doux pacificateur,
Seul y receuille encor l’encens et le cantique.

Là, saint Denis l’apôtre, Eleuthère et Rustique
A Lutèce ont légué le nom du Christ vainqueur;
Et voici le grand temple ou rayonne son coeur,
Comme un soleil divin sur ton coteau rustique.

Le grand temple s’érige en dômes sibyllins.
Et l’on ne verra plus l’aile des vieux moulins
Virer, bruire au vent et se tordre effarée.

Mais toujours, vers la Butte, éclatant, vaporeux,
Monte Paris artiste et Paris amoureux:
Et Montmartre est pour tous la Colline sacrée.

Philippe Dufour.

Pour monter à la basilique du Sacré-Coeur on peut emprunter le funiculaire. Le funiculaire de Montmartre qui fait aujourd’hui partie intégrante du paysage de la butte fut mis en service le 12 juillet 1900, soit quelques jours avant le métro. On utilisait alors pour la descente un contrepoids rempli d’eau.

Mais c’est aussi à la basilique du Sacré-Coeur qu’on y trouve la plus grande mosaïque du monde (475 m2). Faite de 1900 à 1922 cette mosaïque  au plafond de l’abside représente le Sacré-Cœur de Jésus glorifié par l’église catholique et la France. A sa base on peut lire une phrase en latin qui signifie: « Au Cœur très saint de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante ». La Basilique du Sacré Cœur fait partie des monuments les plus visités de Paris.

Tout d’un coup, comme les deux frères gravissaient le flanc raide de la butte, ils aperçurent, en face d’eux, au-dessus d’eux, la basilique du Sacré-Coeur, souveraine et triomphale. Ce n’était plus une apparition lunaire, le songe de la domination, dressé devant le Paris nocturne. Le soleil la baignait d’une splendeur, elle était en or, et orgueilleuse, et vic-torieuse, flambante de gloire immortelle. Emile Zola. Les trois villes – Paris

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